« On ne peut pas terminer de célébrer un moment, triste ou joyeux, dans la vie sans un repas. C’est quand même un moment symbolique de partage. C’est civilisationnel, que cela soit en France ou dans notre culture africaine » lance le chef Christian Abegan, fondateur du mouvement l’Arche Culinaire Africaine. C’est ainsi, il a clôturé la 1ère édition de ce projet visionnaire, dans la continuité des précédentes escales, en valorisant le patrimoine culinaire africain.
Le mil, le fonio, la cajou au rendez-vous
C’est dans le premier arrondissement de Paris, à l’Hôtel Novotel, que la brigade talentueuse et passionnée de l’Arche Culinaire Africaine a orchestré un voyage gastronomique autour des aliments du futur du terroir africain.
En kusuburi*, trois amuse-bouches. « Un mini moelleux à la farine de mil, sans gluten, monté d’une crème et d’une noix de Saint Jacques. Puis un petit taboulé de fonio tout en fraicheur avec des petits condiments comme du poivron, un peu de citron et un peu d’herbe avec quelques écorces d’agrumes confits au-dessus. Avec une dernière mignardise apéritive pleine de gourmandise à base de crème de noix de cajou accompagnée de petits condiments comme des épices fumées » explique Julien Manifeste, l’un des chefs de la brigade.
Les épices d’Afrique à l’honneur
En karibu*, une ballotine de gambas et de Saint Jacques roulée dans une mixture d’herbe séchée a surplombé l’assiette. Crème de baobab et fruit de saba avec une petite vinaigrette au citron confit ont accompagné cet accueil. Le baobab, a fait honneur non seulement par ses « qualités nutritives exceptionnelles mais surtout par son apport gustatif assez intéressant » souligne Julien Manifeste, chef à la Villa Haussmann à Paris.
Pour le kugawana*, une volaille rofée a été élevée à la gloire des épices afro. Marinée puis fumée avec les épices iYö de la création du chef Abegan, du piment, du poivre de Penja du Cameroun, cette volaille s’est révélée. Oui oui*. Le riz sauvage rissolé puis cuit à l’africaine dans un bouillon de légumes bien corsé accompagné de niébé -un haricot africain, produit du futur- a garni le plat. Et l’émulsion d’épices afro a fait voguer nos sens vers un dépaysement total.
« L’identité de la cuisine de l’Arche Culinaire Africaine »
Pour l’asante*, ça a été « du désert au dessert ». Une petite tartelette à base de noix de kola et de chocolat noir de Tanzanie a créé des réminiscences auprès des convives. Confiture de kola, jus de kola et pétales de kola confites. Une apothéose gustative en hommage à ce trésor continental africain aux multiples vertus.
Ce dîner de clôture de l’Arche Culinaire Africaine est totalement dans la continuité de ce que l’ambassadeur du Programme Alimentaire Mondial, Christian Abegan, fait depuis trente ans. Il braque les projecteurs sur le potentiel extraordinaire de l’Afrique de « l’attente au remerciement. C’est vraiment l’identité de la cuisine de l’Arche Culinaire Africaine. Un manifeste » lâche le chef Abegan. Ce diner du 29 août n’est pas un aurevoir mais un akwaba* dans l’univers de l’Arche Culinaire Africaine.


