Food entrepreneur d’origine togolaise et béninoise, elle s’apprête à relever ce défi XXL. Retenez bien son nom : en décembre, elle débarque à Lomé avec un projet aussi ambitieux que culinaire, prête à inscrire le Togo dans l’histoire du Guinness World Records.
Rendez-vous le 18 décembre 2025 à Lomé !
Pour Akpéné Dodoh, la cuisine n’a jamais été un hasard mais un héritage intime. Dans les rues de la capitale togolaise, sa grand-mère Rosaline, traiteur, a façonné son enfance : des bouillons fumants aux va-et-vient du service, Akpéné a grandi au rythme des fourneaux — sans imaginer que cette transmission deviendrait sa vocation.
Aujourd’hui, à 31 ans, installée en région parisienne, la cheffe autodidacte veut réhabiliter la gastronomie togolaise, la rendre visible, désirable et accessible, en France comme en Afrique. Elle porte cette ambition à travers son service traiteur, Nudapé, lancé officiellement en 2024 — et désormais à travers ce défi inédit qui se déroulera à l’hôtel Lebene.
L’audace de moderniser l’authentique
Créatrice culinaire autodidacte, Akpéné suit une ligne précise : moderniser les plats ouest africains sans les dénaturer. « Je veux présenter nos plats différemment, avec une touche de modernité, mais sans jamais perdre leur essence », confie-t-elle. Son ambition : séduire un public large, y compris celles et ceux qui ignorent encore la richesse de la cuisine togolaise. Car, « la gastronomie du Togo reste méconnue », constate-t-elle. À l’international, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire occupent souvent le devant de la scène, tandis que le Togo demeure dans l’ombre. Ce déséquilibre a nourri chez Akpéné un moteur puissant : faire exister son pays à travers sa cuisine, inspirer la jeunesse et montrer combien la gastronomie peut devenir un vecteur de culture, d’identité et de résilience.
Entre héritage et instinct créatif
Rien ne prédestinait Akpéné à se retrouver derrière les fourneaux — du moins en apparence. Après un parcours solide dans l’immobilier, une certification en hygiène et sécurité alimentaire et des années d’apprentissage familial, elle finit par revenir à ce qui l’a toujours accompagnée : la cuisine.
Elle cuisine « par instinct », avec une créativité qui déborde du cadre, même dans les plats les plus simples. « Je suis née dedans. Je ne sais même pas cuisiner simplement. J’ajoute toujours quelque chose, je crée, je réinvente », sourit-elle.
C’est portée par cette énergie qu’elle se lance un nouveau défi : concourir au Marathon Culinaire du Guinness World Records.
Quand un record devient un voyage culinaire
Son ambition : cuisiner entre 12 et 16 jours d’affilée, dépasser les précédentes tentatives et porter avec elle tout un pays. Mais son projet va bien au-delà du record. Akpéné veut raconter le Togo à travers ses cinq régions culinaires, en mettant en lumière leurs plats emblématiques. Parmi eux : le wassa wassa, couscous de cossette d’igname originaire de la région de la Kara (Nord), le gougounbè, une bouillie de maïs concassé typique des Plateaux, le wantché, riz aux haricots œil-noir cuit avec potasse ou feuilles de sorgho, souvent servi avec une sauce tomate piquante et une protéine — un incontournable du Nord, sans oublier les boissons locales comme le tchoukoutou.
« Chaque journée mettra en lumière deux plats par région choisis pour leur représentativité et leur capacité à être produits en grande quantité », explique-t-elle.
Bien plus qu’un record : un manifeste
C’est là que son projet se distingue véritablement des précédents. Pendant qu’elle cuisinera, des professionnels locaux proposeront des sessions de formation à destination des jeunes et des adultes : initiation à la cuisine, bases du marketing, introduction au digital ou encore premiers pas en entrepreneuriat alimentaire. Un dispositif inédit dans l’histoire du Marathon Culinaire Guinness World Records.
Cuisiner, transmettre, valoriser, former : tels sont les piliers du projet d’Akpéné Dodoh, qui se veut à la fois culinaire, social et patriotique. À travers ce défi, elle ne cherche pas seulement à battre un record. Elle veut offrir à la cuisine togolaise la place qu’elle mérite : une reconnaissance, une visibilité, un récit, une fierté.
Akpéné n’est pas qu’une compétitrice. Elle est une passeuse, une bâtisseuse, une conteuse culinaire. Et son marathon, bien plus qu’une performance, s’annonce déjà comme un véritable manifeste.


