Et s’il a marqué les esprits, c’est aussi parce qu’il a montré une évidence :
l’avenir du chocolat se co-écrit désormais avec les territoires afro.
Un avenir riche, engagé, créatif et terriblement prometteur.
Pour ses 30 ans, le Salon du Chocolat et de la Pâtisserie de Paris a célébré bien plus qu’un anniversaire : il a mis en lumière une dynamique nouvelle, portée par des artisans, producteurs et chocolatiers venus des territoires afro descendants.
Du 29 octobre au 2 novembre 2025, plus de 96 000 visiteurs ont arpenté les allées de la Porte de Versailles pour cinq jours de démonstrations, dégustations, remises de prix et rencontres. Une édition marquée par le renouveau, la transmission — et une montée en puissance remarquable des savoir-faire afro-caribéens et africains dans la filière cacao.
Ayitika, Haïti en majesté : meilleure tablette bean to bar 2025
Le premier concours Les Éclats du Chocolat, organisé avec les Galeries Lafayette Le Gourmet, a sacré Ayitika pour la Meilleure tablette bean to bar avec son chocolat Kanperen – Contamana Amelonado – 80 %. Une victoire qui met Haïti sur la carte des origines d’excellence.
Pour Ayitika, ce prix dépasse la simple distinction : « c’est une reconnaissance de la qualité exceptionnelle des variétés de cacao, des terroirs et du savoir-faire haïtiens, explique Jean Chesnel Jean, le fondateur. C’est aussi une récompense pour nos communautés engagées avec nous dans ce vaste chantier de création de richesse et de dignité. »
Ce prix « confirme que nous sommes sur la bonne voie. Il faut continuer à explorer l’univers sensoriel des variétés de cacao, encore trop méconnu de l’industrie », poursuit Jean Chesnel Jean, agronome de formation.
Portée par ce prix, Ayitika envisage déjà la suite : « Les Galeries Lafayette ouvrent une porte en France. Nous voulons maximiser cette opportunité, répondre à la demande des communautés haïtiennes d’Europe et d’Amérique du Nord, et explorer les collaborations qui viennent des Caraïbes et d’Afrique ».
Avec Ayitika, c’est tout un pays qui avance et une filière artisanale qui se réinvente.
A-Typica, la révélation caribéenne qui fait rayonner le cacao antillais à Paris
Autre moment fort des Éclats du Chocolat : la montée en puissance d’A-Typica, sacrée Meilleure Découverte pour deux créations emblématiques — son chocolat chaud antillais et sa liqueur de cacao au rhum martiniquais. Une distinction marquante, d’autant qu’« une catégorie a même été créée spécialement pour nos deux produits », souligne Astrid Temmerman, fondatrice de la marque.
Ancrée dans une démarche artisanale mêlant héritage et innovation, A-Typica porte haut les terroirs cacao des Antilles. « Beaucoup de gens ne savent même pas qu’il existe du cacao en Martinique ou du chocolat produit sur place, rappelle-t-elle. Nous avons ressenti beaucoup de fierté. Notre ambition est de promouvoir le cacao des Antilles et de la Caraïbe. Voir ces recettes si représentatives de nos traditions être applaudies, c’est une belle surprise. »
Cette reconnaissance renforce la mission pédagogique et d’exploration sensorielle de la marque, qui veut « continuer à mettre en avant ces cacaos rares et méconnus » et se développer à l’international avec une présence annoncée au Festival du Chocolat d’Amsterdam en février.
À travers A-Typica, les Antilles s’affirment plus que jamais comme des territoires d’innovation et de création chocolatée.
Le Chocolatier Ivoirien, l’autre triomphe africain
La Côte d’Ivoire n’a pas été en reste : le Chocolatier Ivoirien, porté par Axel Emmanuel, a décroché deux médailles Paris Gourmet lors du concours AVPA, qui distingue les chocolats fabriqués sur leur terroir d’origine. Une reconnaissance qui célèbre autant le savoir-faire du chocolatier que la qualité des fèves provenant des coopératives de Gueyo et Agboville.
Pour Axel Emmanuel, ces prix représentent bien plus qu’une distinction. « C’est un immense sentiment de fierté. L’Afrique produit plus de 70 % du cacao mondial, et la Côte d’Ivoire en est le premier producteur. Prouver que nous pouvons fabriquer un chocolat de très haute qualité capable de rivaliser avec les meilleurs du monde, c’est une véritable consécration. »
Ces médailles s’inscrivent dans une dynamique amorcée depuis plusieurs années. « Cela confirme la qualité de notre travail et récompense les efforts de toute une équipe en Côte d’Ivoire. »
Et la suite s’annonce ambitieuse : « nous voulons ouvrir des boutiques à Paris car ici se trouve un marché essentiel. L’Afrique produit, mais ne consomme pas encore assez. Nous voulons aussi développer notre présence à l’international. Après tout, si un vin de Bourgogne se retrouve à Abidjan, pourquoi un chocolat ivoirien ne serait-il pas à New York ? La conquête du monde, c’est désormais notre objectif », appuie le fondateur.
Avec ce nouveau succès, la Côte d’Ivoire rappelle son rôle central dans la filière cacao. Mais prouve surtout qu’elle sait désormais transformer, créer et exceller, sur ses propres terres.
Afro-Caribéens : les nouveaux visages de la révolution chocolatée
Cette année, la présence afro caribéenne n’a pas seulement été visible : elle a été structurante. De Haïti à la Côte d’Ivoire, des Antilles aux Caraïbes, les artisans, producteurs et chocolatiers afro descendants ont montré qu’ils sont désormais des acteurs complets, créateurs et ambassadeurs de leurs terroirs.
Pour cette édition 2025, ils ont brillé par leur technicité, leur innovation, leur identité et leur excellence. Aujourd’hui, les voix afro redéfinissent la carte mondiale du chocolat.


