Avec Savane & Mousson, l’Afrique rencontre l’Asie dans les assiettes. C’est le concept lancé par Aïssata Fane et Julien Doan, les fondateurs. Ce vent nouveau sur la scène culinaire depuis quatre ans, performe en surfant sur la fusion entre cuisines africaines et asiatiques. Quelle est l’histoire derrière Savane & Mousson?
« Avec Savane & Mousson, on arrive à transformer les crises en opportunité » relève Julien Doan, cofondateur de Savane & Mousson. Le concept culinaire qui fait fusionner les gastronomies de deux continents: l’Afrique et l’Asie. Les cultures d’origine des deux fondateurs, Aïssata Fane et Julien Doan. A 28 ans, ils fourmillent d’idées et ont déjà à leur besace bien de réalisations. Top niveau*. Juridiquement, aujourd’hui, Savane & Mousson est une holding. Foodtruck, restaurants, service traiteur, une panoplie d’entreprises qui fait d’eux de serials entrepreneurs dont le but est « de faire rayonner les cuisines d’Afrique et d’Asie ».
Rencontre gastronomique entre Afrique et Asie
Depuis 2019, Savane & Mousson bouscule la scène culinaire avec cette combinaison de saveurs qui fait voyager. Un road trip sans billet d’avion grâce au dépaysement culinaire. Entre les crevettes tempuras, les pastels Afrique Asie où le thon taquine le tamarin, le bœuf tutoie la sauce hoi sin, que Savane & Mousson se définit. Cette rencontre gastronomique où se mélangent les goûts et les cultures africaines et asiatiques, est née d’une opportunité sur le réseau social Facebook avec une entrée de dernière minute au Festival international du sushi. Où ils ont frappé fort avec leur sushi afro-asiatique au point d’avoir été élu, stand coup de cœur du jury lors de cet événement. « C’était le plus beau moment de Savane & Mousson. Je m’en souviens comme si c’était hier, confie Aïssata Fane. Cette épreuve nous a fait comprendre qu’il y avait un attrait pour notre produit avec la preuve de marché qui était là ». Cette réalisation les a propulsés sur la partie traiteur. Là, commence le ken*.
Sushis au yassa, chirashis fusion
C’est ainsi que ces jeunes entrepreneurs au parcours académique remarquable se sont lancés corps et âme dans leur projet entrepreneurial tout en poursuivant leur étude. Pour Aïssata Fane, l’Emlyon Business School et Science Po Paris marquent son cursus. Pour son associé, Julien Doan, ça a été l’Emlyon Business School couplé à l’École Centrale de Lyon. « Rien à voir avec la cuisine » dit-il en riant. Ni l’un ni l’autre n’ont reçu de formation en cuisine en dehors de celles nécessaires à l’entrepreneuriat dans ce domaine. La cuisine est tout simplement une question de passion et une histoire de famille. Pour l’un, cet héritage lui vient de sa grand-mère paternelle et pour l’autre, de sa mère. Et c’est lors de leurs échanges internationaux dans le cadre de leurs études qu’ils se rendent compte de la multitude d’ingrédients et de saveurs communs entre la gastronomie africaine et asiatique. Alors Aïssata Fane et Julien Doan ont « créé des ponts entre deux cultures que tout semble opposer ». Cohan*… Les sushis au yassa sont nés. Les chirashis fusion yellow Dakar ou red Bamako sont arrivés. Les californias roll fusion Hanoi Bamako ou Bangkok Conakry ont débarqués.
« Le concept pouvait attirer du monde »
Aïssata Fane d’origine malienne et Julien Doan d’origine vietnamienne ont créé l’entreprise qui leur ressemble. Avec Savane & Mousson, la « promesse est le goût de deux continents en une bouchée ». Partir d’un business model hybride en tant que traiteur-événementiel « était génial. On pouvait concilier notre emploi du temps d’étudiant et notre activité entrepreneuriale avec nos moyens financiers » explique la Deuilloises (Val d’Oise, Ile-de-France), Aïssata Fane. Puis y’a drap* avec l’arrivée du Covid19. Mais la crise sanitaire les a poussés à se réinventer. C’est ainsi que leur laboratoire de production qui sert de cuisine centrale pour leur activité de traiteur se transforme en boutique de vente à emporter pendant le Covid. Durant ce même moment, ils ont également développé l’offre foodtruck. Et converti la cour intérieure de la cuisine centrale en terrasse pendant l’été 2021 après l’aménagement d’une décoration DIY et d’une ambiance style Savane & Mousson. De là, le tout premier restaurant de la holding voit le jour à Saint-Maur-des-Fossés. « Ce restaurant nous a permis d’avoir des bénéfices pour développer la suite. Et nous conforter dans l’idée que le concept pouvait attirer du monde » précise Aïssata Fane. Le dabali* afro-asie djalafoule*. Les sauces maisons arachide miel et mayonnaise japonaise ont trouvé un public.
« Une seule mercuriale de produits »
Le riz tiep jaune sénégalais fréquente le pad kra pao thaïlandais et le riz tieb rouge sénégalais côtoie le loc lac vietnamien chez Savane & Mousson. Aïssata Fane et Julien Doan ont réuni leur culture respective pour proposer des mélanges surprenants et des saveurs uniques pour sublimer les gastronomies africaines et asiatiques. Pour ce résultat final, les jeunes entrepreneurs ont dû relever un défi de taille. « Faire concilier toutes ces verticales qu’on avait lancé. A la fois la partie street food avec les festivals et le foodtruck. Le premier restaurant qu’on avait eu. Et le traiteur qui reprenait avec les buffets d’entreprise, les mariages, une fois qu’on avait le droit » développe Julien Doan, le Blanc-Mesnilois (Seine-Saint-Denis, Ile-de-France).
L’un des secrets qui fait tenir la holding Savane & Mousson est l’utilisation « d’une seule mercuriale de produits. Cela nous permet de faire des économies. Par exemple, on va acheter de la patate douce pour la cuisiner de différentes manières pour le traiteur, le foodtruck ou les restaurants » complète-t-il. Savane & Mousson s’appuie également sur la force du digital, des réseaux sociaux. La revisite de plats populaires d’Afrique et d’Asie et leur fusion, ont assis leur popularité. Et Aïssata Fane et Julien Doan sont les mokonzi* de la fusion afro-asie. L’idée de « voyage sans bouger, le temps d’un repas » est possible chez Savane & Mousson.


