Pendant longtemps, la cuisine africaine à Paris a été associée aux restaurants communautaires, aux repas familiaux ou aux grandes occasions. Avec DKR, non loin de Bastille, les fondateurs changent complètement de registre. Ils parlent de « cantine ». Cette dénomination évoque le déjeuner rapide, le repas entre collègues, le rendez-vous improvisé, le quartier, l’habitude.
Ce choix lexical est presque aussi important que la cuisine elle-même.
Il traduit une ambition : faire de la cuisine afro une option naturelle parmi toutes les autres cuisines parisiennes.
L’équilibre entre héritage et créativité
Ce nouveau langage de la cuisine africaine s’est installé au 19, rue de la Roquette, dans le quartier de Bastille, un secteur où se croisent des populations et des cultures diverses. Face à cette clientèle plus curieuse et ouverte, DKR propose une approche de la cuisine afro-urbaine qui conjugue repères traditionnels et nouveaux usages.
Le mafé, le yassa, le jollof ou encore le poulet braisé façon DKR restent ainsi au cœur de la proposition. Mais ces classiques sont travaillés dans des formats contemporains, plus rapides et pensés pour les usages de la restauration actuelle. Une manière de faire évoluer les codes sans effacer les références qui font l’identité de ces cuisines. DKR assume ainsi l’idée qu’une cuisine peut puiser dans son héritage tout en se renouvelant, à l’image de nombreuses cuisines internationales aujourd’hui devenues familières du paysage parisien.
Une gastronomie afro qui se réinvente
À travers des classiques revisités et des créations inspirées notamment de l’Afrique de l’Ouest, des Caraïbes et de la Jamaïque, cette nouvelle adresse de street-food afro, portée par les fondateurs de BMK, défend une approche plus jeune et urbaine de la gastronomie afro.
Mais chez DKR, l’expérience ne s’arrête pas à l’assiette. Le lieu a été pensé comme un espace immersif où l’identité visuelle, le design, le storytelling et l’atmosphère participent pleinement à l’expérience. L’objectif est aussi de créer un univers qui correspond à une nouvelle manière de vivre et de consommer la cuisine afro : plus spontanée, plus urbaine et moins enfermée dans les codes traditionnels du restaurant.
DKR ne propose donc pas uniquement une cuisine, mais un univers autour d’elle. Une façon de raconter les cultures afrodescendantes autrement, en faisant dialoguer cuisine, esthétique et identité.
De la découverte à l’évidence
Avec DKR, c’est une nouvelle étape dans la démocratisation de la cuisine afro qui se dessine à Paris. BMK avait déjà contribué à moderniser son image ; avec cette nouvelle adresse, ses fondateurs prolongent cette démarche dans un autre registre. L’enjeu n’est plus seulement de faire découvrir ces cuisines, mais de leur permettre de trouver durablement leur place dans les habitudes culinaires parisiennes.
Cette évolution dépasse d’ailleurs le seul cas de DKR. Elle accompagne l’émergence d’une nouvelle génération de restaurateurs qui contribuent à faire évoluer les représentations et à installer les gastronomies africaines et afrodescendantes dans un paysage culinaire parisien de plus en plus diversifié. La cuisine afro devient ainsi une cuisine que l’on peut découvrir, revisiter, partager et surtout choisir au quotidien. DKR en est l’une des expressions, et témoigne de la maturité grandissante de la scène culinaire afro-parisienne.


