Avant même que le jury ne goûte son burger, Laurent Kalala avait le sentiment de partir avec un léger désavantage. Sur la fiche de présentation figuraient des ingrédients encore peu familiers pour nombre de jurés : mafé, hibiscus, tuile de plantain… « J’avais l’impression que le combat commençait avant la dégustation. Quand on ne connaît pas les saveurs africaines et qu’on lit la composition d’une recette, on n’a pas la même réaction que quand on connaît les produits », confie le cofondateur de Bomaye.
Le défi d’un vocabulaire culinaire méconnu
« Inventer le “burger du futur” n’est pas simplement un challenge original, c’est aussi une démarche de réflexion, un regard porté sur la cuisine de demain, la promesse d’un avenir culinaire adapté aux attentes de la nouvelle génération. » C’est avec cette ambition que les organisateurs ont présenté le thème de l’édition 2026 de la Coupe de France du Burger.
Pour sa première participation à cette compétition, organisée à Paris le 1er avril 2026, Laurent Kalala a choisi de rester fidèle à l’identité culinaire de Bomaye. Mais avant même la dégustation, le cofondateur du restaurant avait le sentiment que son burger devrait d’abord traduire un vocabulaire culinaire encore méconnu. « Le jury ne connaît pas ce qu’il y a dans mon burger. » Ce qui apparaissait d’abord comme un désavantage allait finalement devenir l’un de ses plus grands atouts.
La force d’une identité assumée
« Il y a des membres du jury qui m’ont dit qu’ils découvraient des saveurs nouvelles, mais incroyablement bonnes. Je pense que ce sont davantage les saveurs que ma technique qui les ont marqués. » Quelques bouchées plus tard, ces saveurs devenaient en effet la véritable force de sa création. Face à des concurrents aux concepts parfois très sophistiqués, Laurent Kalala, vainqueur de la finale Île-de-France puis troisième de la finale nationale de la Coupe de France du Burger 2026, a su convaincre le jury avec une proposition fidèle à l’identité de Bomaye : le Burgâteau.
« Je voulais gagner avec notre savoir-faire (NDLR, celui de Bomaye). Notre savoir-faire, c’est de mélanger les gastronomies africaines avec d’autres cultures pour créer des produits différents autour de la street food. Je n’allais jamais proposer un burger au maroilles. Ce n’est pas nous. Même si je sais que je pourrais faire des burgers extraordinaires avec des produits français locaux et la gastronomie française, ce n’est pas nous, donc ça ne m’aurait pas fait plaisir. »
Le pari de l’authenticité
Malgré ces incertitudes, Laurent a choisi d’assumer pleinement les saveurs africaines, en restant fidèle à son identité culinaire jusque dans une compétition nationale. Ce choix, qui dépasse le simple cadre d’un concours, a permis de faire découvrir au jury — composé de grands professionnels de la gastronomie — des saveurs et des produits encore méconnus, tout en leur offrant une nouvelle lecture des gastronomies africaines.
À travers cette démarche, Laurent ne défend pas seulement un burger. Il revendique une manière de cuisiner et de représenter les gastronomies africaines. Une ambition qui dépasse le seul résultat sportif. Après cette première expérience, le cofondateur de Bomaye entend aller encore plus loin dans sa créativité : « L’année prochaine, j’ai envie de m’inscrire. Et j’irai plus loin que le produit qui se vend. »


