Depuis la ville des lumières, Jules Niang incarne une gastronomie africaine résolument contemporaine, audacieuse et sans complexe. À la tête du restaurant Le Petit Ogre, il défend une cuisine en mouvement, enracinée et inventive, capable de dialoguer avec les plus grandes traditions culinaires sans se fondre, ni s’effacer. Entre reconnaissance individuelle et engagement collectif, il milite pour une meilleure visibilité des cuisines africaines sur la scène internationale. Son objectif : écrire un récit commun et structuré autour d’une vision partagée.
Un ancrage lyonnais pour une vision globale et collective
Depuis Lyon, capitale mondiale de la gastronomie, Jules Niang sème les graines d’un récit culinaire en devenir. À sa manière, avec pédagogie, technicité et exigence, il œuvre à inscrire la culture africaine sur la carte gastronomique internationale. Déjà récompensé par un Gault & Millau Table Gourmande, un Trophée Coup de Cœur lors des Trophées de la Gastronomie et des Vins, ou encore le Prix de la Créativité et de l’Innovation avec L’Arche Culinaire Africaine, il incarne une Afrique ambitieuse, innovante et indépendante, capable de rayonner depuis les grandes capitales culinaires.
Faire rayonner l’Afrique par l’assiette
Mais pour Jules Niang, il ne s’agit pas seulement de faire connaître les plats africains. Son ambition va plus loin : écrire un récit collectif, poser des fondations solides, définir des standards communs, à l’image du mouvement de la Nouvelle Cuisine Scandinave. « Ils ont formé un groupe, écrit un manifeste, poussé ensemble. C’est pour ça qu’ils ont réussi. »
Loin des classifications nationales figées —sénégalaise, ivoirienne, camerounaise — il défend une vision transversale de la gastronomie africaine, fondée sur ce qui unit : la puissance des goûts, la place centrale des céréales, des sauces, des condiments. « Ce qui compte, ce n’est pas ce qui nous différencie. C’est ce qui nous lie. »
Donner à l’Afrique toute sa place à table
Dans ce manifeste culinaire, Jules Niang ne cherche pas à fusionner les cultures, mais à les faire dialoguer, avec respect, exigence et sans compromis sur la qualité. « On est assis sur un terroir riche, il faut le valoriser », insiste le chef. L’excellence reste sa boussole, avec une idée forte : poser des plats africains sur la table mondiale sans avoir à se justifier. Et œuvrer collectivement pour briser les stéréotypes.
Jules appelle à l’union et à la solidarité entre chefs, artisans, producteurs : « s’inspirer les uns des autres, s’entraider, partager les recettes, ouvrir des projets. Le travail est immense. Il faudra une génération. Mais ensemble, on ira plus vite ».
Son combat est clair : faire entendre l’histoire culinaire africaine, la rendre visible, lisible, assumée, pour qu’elle trouve toute sa place dans le grand récit gastronomique mondial. Et pour cela, il en appelle à toute une génération : « Notre travail, à tous, c’est de montrer que c’est possible ».


