À Paris, le hamburger n’a rien perdu de sa popularité d’antan. Au contraire. Il est réinventé, revisité chez Bomaye. Cette jeune institution culinaire taquine le hamburger en le twistant avec des saveurs d’Afrique. Et c’est dans l’un des quartiers fer de lance de la gastronomie à Paris que Bomaye ouvre les palais à d’autres saveurs. Dans une ambiance très Nana Benz, le deuxième restaurant de Bomaye raconte des histoires culinaires et culturelles.
Dans la multitude de restaurants présents dans le XIe arrondissement de Paris, un nouvel établissement vient « tuer » la scène culinaire parisienne. Bomaye, qui signifie en lingala, une langue parlée sur les deux rives du fleuve Congo, « tue-le ». C’est le challenge que Camille Gozé et Laurent Kalala, fondateurs de cette enseigne, se sont fixés pour faire découvrir les saveurs africaines à leur manière.
La révolution du burger aux saveurs africaines
Cette enseigne spécialisée dans les hamburgers n’est pas à son coup d’essai puisque Bomaye embaume déjà le Xe arrondissement, rue de Paradis depuis deux ans.
Avec une notoriété sur les réseaux sociaux via leur compte food sur Instagram, The Nasty Belly, Camille et Laurent ont misé sur un produit phare qui rassemble tout le monde, le burger. Et ils l’ont « twisté avec des saveurs africaines ». La mission de ces deux entrepreneurs, tout droit venu du marketing, est de contribuer à la « démocratisation de la gastronomie africaine ». Ainsi, depuis janvier 2025, la révolution du burger aux saveurs afro est en marche, arrondissement de Popincourt, dans un lieu inspiré par les boutiques de wax.
Afrocinis, African Cheeseburger, Saha Majouja…
Derrière une devanture colorée de l’artiste Enfant Précoce, l’illusion d’étendue et d’infini de piles de tissus et de motifs est décuplée par un immense miroir au plafond. Et cet effet de surprise se retrouve aussi dans l’assiette.
La carte propose les mêmes bestsellers que dans leur premier établissement mais avec des petits twists.
Au 15 rue de Charonne, les « afrocinis » font leur entrée. Cette recette à base de riz façon thiéboudienne est inspirée de la spécialité italienne, les arancinis.
« L’African Cheeseburger avec son ketchup maison au bissap un peu sucré acidulé » est au menu. Héritage d’une collaboration à succès au restaurant rue de Paradis. À la carte aussi, le « Saha Majouja. Ce bun brioché avec un steak Black Angus, sauce Hmiss -poivrons grillés, oignons, tomates rôties et piment doux- avec son œuf coulant, est né d’une collab avec le restaurant algérien, Majouja », souligne Camille Gozé.
« Tout le mois de mars, chaque jour, il y aura un plat différent soit traditionnel soit street food en collaboration avec Cheikh Niang, de son nom d’influenceur, Niang Cook, qui fait des recettes afro en ligne ».
« Bomaye, c’est nous »
Le concept du « burger inspiré des cultures africaines » ne s’arrête pas à l’assiette. Elle est aussi dans la décoration et dans l’histoire qu’elle partage comme celle des Nana Benz, ici. Ce groupe de femmes d’affaires devenues richissimes dans les années 1960 à 1980, par l’importation du tissu wax néerlandais en Afrique de l’Ouest.
C’est dans cet univers que la richesse gastronomique du continent africain est mise en avant. Comme avec le nouveau dessert sur la carte, le « Godro Godro », prononcé le Goudj Goudj. Un flan traditionnel malgache à base de coco, vanille et cannelle. Et en boisson, « le meilleur des deux mondes » fait son apparition sur la carte, le « Mi-bissap-mi-gingembre », créé par les clients de Bomaye.
Chez Bomaye, les histoires se racontent autant dans l’assiette que dans l’espace. Car « Bomaye, c’est nous », lâche Camille Gozé, la co-fondatrice.


